Lettre d’information novembre 2024

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La violence des gangs dans la capitale d’Haïti dure depuis des années, et la lutte pour le pouvoir et l’argent ne cesse pas. Cette semaine, l’aéroport a de nouveau été fermé après que des gangs ont tiré sur des avions de ligne.
Le 17 octobre dernier, dans la rue où habite l’un de nos enseignants, toutes les maisons et les voitures ont été incendiées lors d’affrontements entre gangs. Heureusement, maître Kerby a pu sauver sa mère de la maison en flammes et ils sont sains et saufs. Eux, comme beaucoup d’autres, ont tout perdu ! Après deux nuits passées dehors, sa mère a pu fuir à la campagne grâce à l’aide de quelques donateurs, et maître Kerby a trouvé refuge chez un ami dans un autre quartier.
Aussitôt après, maître Kerby est parti à la recherche des enfants du Club des Valeurs Humaines du samedi, qu’il avait lancé en avril de cette année, pour voir comment ils allaient. Bien qu’il ait tout perdu – ses propres affaires, le matériel du Club, etc. –, il a pu, avec le soutien de Bon Timoun, tenir de nouveau le Club du samedi le 2 novembre pour les enfants du quartier. Il a emprunté la piscine gonflable de l’école ABC et fait venir un camion-citerne pour la remplir. Ce fut un grand succès : 43 enfants sont venus se détendre, retrouver des amis et jouer. Avec un goûter, bien sûr. Le Club a donc repris, et environ 60 enfants y viennent de nouveau. Être ensemble est pour chacun un moment important de la semaine.

Katinka van Lamsweerde en a parlé au journal de NPO Radio 1 mercredi dernier, le 13 novembre.
Écoutez l’extrait :
L’été dernier, notre fondation a soutenu M. Kerby et cinq bénévoles pour tenir pendant trois mois, trois jours par semaine, une école d’été avec des cours et des activités. 100 enfants y sont venus, dont beaucoup n’avaient pas pu aller à l’école pendant l’année scolaire parce qu’ils fuyaient la violence des gangs.
Le 11 novembre, les gangs avaient décrété que les écoles de la capitale devaient fermer et que tout le monde devait rester chez soi. Sortir dans la rue, c’est alors risquer de se faire tirer dessus ou enlever. Les gens ne peuvent pas acheter à manger, ne peuvent rien gagner… La plupart des écoles sont fermées depuis bien plus longtemps, car elles dépendent des frais de scolarité. Nos écoles ne sont pas une entreprise et, heureusement, n’en dépendent pas.
Comme nous continuons à verser les salaires des enseignants, nos écoles peuvent rester ouvertes, sauf à des moments comme celui-ci, où il est trop dangereux pour tout le monde de sortir. Pour les enfants, l’école est un lieu important qui leur offre la sécurité, où ils retrouvent leurs amis, peuvent se détendre et où, en plus de l’enseignement et d’un repas qui leur sauve la vie, ils peuvent redevenir des enfants un moment dans cette situation terrible.
Un immense merci à tous ceux qui rendent possible le travail de Bon Timoun ! Plus les temps sont durs, plus notre aide compte !
